Les croix de chemin sont encore nombreuses à l’île, ayant bénéficié d’un soin jaloux de la part des résidents. On en dénombre encore plus d’une vingtaine, calvaires compris – un nombre impressionnant pour un aussi petit territoire. Érigées en général près de la route, elles constituent un témoignage de la vie rurale d’autrefois et demeurent des marqueurs importants du paysage.
Plusieurs raisons amènent les gens à élever ces monuments. Un cultivateur peut installer une croix à proximité de ses champs pour invoquer une protection divine ; des paroissiens les placent à mi-chemin de l’église et s’y recueillent pour la prière du soir ; d’autres fidèles en érigent des votives dans le but d’exprimer un vœu ou de remercier le ciel pour une faveur obtenue ; certains, enfin, en font des croix commémoratives pour perpétuer le souvenir d’un événement heureux ou tragique.
Deux croix retiennent toutefois particulièrement l’attention. La première, érigée à la pointe d’Argentenay à Saint-François, y est installée depuis 1941 et a été bénie par l’abbé Labelle. Il s’agit d’une croix dite « aux instruments de la Passion ». Deux de ses constructeurs ont laissé leur signature en gravant l’empreinte de leurs mains dans le ciment.
La seconde est toute simple et se trouve sur la route du Mitan ; elle devait souligner au passant qu’il approchait de la frontière entre les Municipalités de Sainte-Famille et de Saint-Jean. Malheureusement, elle est aujourd’hui dans un état précaire : un mauvais travail de rétrocaveuse en a saccagé la base, et la barre horizontale vient de tomber. Il ne reste qu’à espérer qu’un comité d’embellissement s’en occupe, comme on l’a fait à Sainte-Pétronille.
Photo : Les croix de chemin constituent un témoignage de la vie rurale d’autrefois. © Pierre Lahoud





