Le plaisir de l’autocueillette

Quand j’étais jeune, je cueillais à l’abri des regards, selon les saisons, des fraises, des framboises et des pommes dans les champs autour de la maison à l’île d’Orléans. J’éprouvais à la fois du bonheur mais aussi de la reconnaissance envers la générosité de la nature et l’ardeur que l’agriculteur y mettait pour soigner ses cultures. J’avais la chance d’en bénéficier et je me réjouissais de faire partie de cette île où la nature fleurit et donne des fruits et des légumes en abondance. L’autocueillette si populaire de nos jours me rappelle ce pan de vie.

En fait, la cueillette des fruits – fraises, framboises, pommes, bleuets et autres – existe depuis la nuit des temps. C’est une pratique millénaire qui est apparue quand l’homme a commencé à se nourrir de végétaux. Mais c’est le développement de l’agriculture qui a mis au monde la formule actuelle de l’autocueillette. La pratique est apparue dans les années 70, soit il y a environ 50 ans à l’île d’Orléans et un peu partout au Québec. Elle consiste à récolter soi-même des fruits ou des légumes sur la terre d’un agriculteur et à payer pour les quantités amassées. C’est donc une activité récente qui apporte du plaisir à bien du monde dans une ambiance calme où la nature explose en couleur. Quel petit n’aime pas mettre la main à la pâte pour remplir son panier de fruits dans les champs tout en dégustant ce que la nature lui offre ?

À l’origine, l’autocueillette répondait surtout à des considérations économiques, notamment au manque de main-d’œuvre. Mais la formule a vite gagné en popularité comme sortie annuelle de découverte, d’apprentissage et de divertissement pour les petits et les grands, en famille ou non. Les saisons fortes de l’année nous en mettent d’ailleurs plein la vue, particulièrement à l’automne, lorsque les vergers et les champs de citrouilles habillent l’île de leurs couleurs éclatantes.

L’autocueillette des petits fruits, qui débute en grand l’été, est donc devenue un symbole éloquent de l’agriculture à l’île, une occasion incontournable pour en apprendre davantage sur ce qu’on mange dans nos assiettes. Elle offre aussi un moment de partage avec les autres sur les aliments que Mère Nature nous procure pour nous nourrir et faire plaisir au palais.

Enfin, c’est aussi une façon de faire sa part pour soutenir les agriculteurs, éviter le gaspillage alimentaire, protéger l’environnement et garder les champs vivants et en santé.

À voir l’imagination débordante des agriculteurs pour animer leurs terres et attirer l’attention des visiteurs pendant la période de l’autocueillette, il est difficile de ne pas s’arrêter pour vivre l’expérience dans ce paysage champêtre. Alors, c’est quand votre prochaine sortie dans les champs de l’île d’Orléans pour venir y cueillir les fruits dont vous raffolez ?

Source : www.laterre.ca/actualites/jeunesse/la-petite-histoire-de-lautocueillette

Photos : © Adobe Stock

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