Rapport sur l’exploitation sexuelle des mineurs: un point de départ pour changer les choses

Pour Émilie Foster, le rapport sur l’exploitation sexuelle des mineurs doit constituer un point de départ pour changer les choses, pour sensibiliser les gens à cette réalité, pour prendre des mesures pour lutter contre le phénomène et pour faire de la prévention.

Membre de la Commission spéciale sur l’exploitation sexuelle des mineurs, qui a déposé son rapport le 3 décembre, la députée de Charlevoix-Côte-de-Beaupré se dit touchée par ce fléau puisqu’elle s’occupait de ce dossier lorsqu’elle travaillait dans l’opposition.

« Après un an et demi de travail, voilà un rapport contenant 58 propositions pour lutter contre ce fléau qui afflige des jeunes et des familles. Il s’agit d’une cause qui m’a toujours tenu à cœur. J’ai demandé à faire partie de cette commission et j’ai eu le privilège d’y participer », a commenté Mme Foster au journal.

Parmi les 58 propositions, la députée note l’intégration d’un volet « exploitation sexuelle » dans les cours d’éducation sexuelle au primaire et au secondaire, des annonces sur les plateformes de réservation d’hébergement ou d’événements pour sensibiliser et dénoncer l’exploitation sexuelle des mineurs et la reconnaissance des coupables de ce crime dans le registre des délinquants sexuels.

« L’exploitation sexuelle des mineurs est un sujet encore tabou et encore trop peu discuté sur la place publique. Si les comportements criminels des proxénètes sont mieux connus, une prise de conscience s’impose sur le rôle des clients-abuseurs qui, trop souvent, agissent en toute impunité », a ajouté Mme Foster.

Pas juste aux autres

« On croit toujours que ça arrive juste aux autres. Non, ça n’arrive pas qu’aux autres. Ça ne se passe pas seulement à Montréal, mais à Québec et en région. Ça ne touche pas seulement les milieux défavorisés, mais les milieux aisés aussi. Les témoignages que nous avons entendus au cours de nos travaux étaient troublants et nous ont émus. Ça détruit la vie d’un jeune. Ils peuvent faire de sept à dix clients par jour et tout l’argent va aux proxénètes », a confié la députée.

Présidée au début par le député de Vachon, Ian Lafrenière, et par la suite par la députée de Les Plaines, Lucie Lecours, la Commission spéciale regroupait 14 élus, dont sept du gouvernement et autant des oppositions.

« Nous avons travaillé des centaines d’heures durant un an et demi à recueillir des témoignages d’intervenants du milieu et de parents de victimes, à lire une soixantaine de mémoires et à participer à la rédaction du rapport et tout ça, sans partisanerie politique. Cette commission est le fruit du travail de tous les partis politiques à l’Assemblée nationale. Nous n’avions qu’un but en tête : le mieux-être des victimes et de leurs proches », a mentionné Émilie Foster.

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