L’église de Sainte-Pétronille a longtemps accueilli un petit sanctuaire à la dévotion de sainte Philomène qui a attiré de nombreux pèlerins sur le bout de l’île. Sainte Philomène a connu une grande ferveur auprès des croyants catholiques pendant tout le XIXe siècle et une partie du XXe siècle.
On a retrouvé à Rome, en 1801, une tombe datant de l’Antiquité chrétienne. Les inscriptions firent croire qu’il s’agissait d’une jeune femme, Philomène, victime des persécutions. Dans l’esprit du renouveau chrétien de cette époque, on la déclara sainte et on en fit la patronne du XIXe siècle naissant. Sa popularité a été très grande en Europe et a atteint jusqu’au village de Sainte-Pétronille à l’île d’Orléans.
C’est le deuxième curé de la paroisse, Charles-Henri Pâquet (1844-1910), qui a introduit ce culte à Sainte-Pétronille. Il avait vu les reliques de sainte Philomène, lors d’un voyage en Italie, en 1871, et il décide de lui dédier un autel secondaire dans l’église lorsqu’il devient curé en 1874. Les pèlerins, en route vers Sainte-Anne de Beaupré, s’arrêtaient à un quai spécial, aujourd’hui disparu, construit à l’Anse aux Canots, vis-à-vis du chemin de l’Église. Ils montaient la côte et venaient faire une prière devant la statue en cire de sainte Philomène. Le sanctuaire fut entretenu jusqu’au milieu du XXe siècle.
Les études savantes plus poussées, réalisées au XXe siècle, ont révélé qu’il y avait erreur sur la personne. Le nom Philomène était une désignation générique venant du grec et passée au latin populaire de l’époque et signifiant « ma bien-aimée ». Rien dans les autres fragments d’inscription ne permettait de conclure de façon certaine qu’il s’agissait d’une martyre chrétienne.
Avec le concile Vatican II, l’Église a tenu à mettre à jour son martyrologe et a retiré sainte Philomène de sa liste, comme quelques autres saints. Dès lors, l’autel à Philomène de Sainte-Pétronille fut démonté. On peut voir, exposé dans des vitrines à l’église, des ex-voto, des cœurs en vermeil et des prières, rappelant cette dévotion populaire.
Photo : La sacristie de Sainte-Pétronille conserve une petite statue polychrome représentant la sainte qui attirait jadis des pèlerins à l’île d’Orléans. © Gilles Gallichan

la dévotion à sainte Philomène. © Collection Daniel Guillot




